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BIM : ceux qui ont sauté le pas...

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La maquette numérique 3D a pris une nouvelle dimension avec le BIM et le collaboratif, qui demandent de s’organiser et de mettre en place des méthodologies, des chartes et des nomenclatures précises.

Si les projets où le BIM est imposé par la maîtrise d’ouvrage se multiplient, leur nombre demeure encore relativement faible. Néanmoins, les agences d’architectures, les BET et les entreprises sont nombreuses à franchir le pas et à renforcer leurs compétences BIM de manière volontaire. Les bénéfices attendus de cette démarche sont maintenant connues en conception : préparation plus détaillée et plus précise, coordination amont renforcée avec les BET, mais aussi en réalisation, suivi de chantier et en exploitation.

Dans sa définition stricte, le BIM (Building Information Modeling) consiste à enrichir la maquette numérique d’informations sur le bâtiment (ex. taille d’une pièce), sur les performances (thermiques ou acoustiques d’un mur) ou sur les caractéristiques d’un équipement (puissance, débit d’air...). Dans sa version la plus avancée, la démarche BIM conjugue une maquette numérique largement 3D (avec un peu de 2D), de l’information et du collaboratif.

Choisir entre Revit et les IFC

Pour la conception architecturale, l’offre commerciale 3D BIM est plurielle. Citons Autodesk et son offre star Revit, dont le format natif est souvent imposé dans les appels d’offres privés, Trimble qui multiplie les acquisitions (SketchUp, Tekla, Plancal Nova...), VectorWorks, Bentley présent avec Microstation à l’étranger au sein de grandes agences mixant architecture et ingénierie, et Nemetschek (Allplan, Archicad...). Ce dernier met en avant sa stratégie d’association, et son approche Open BIM avec les échanges en IFC, format ouvert des fichiers BIM plébiscités par les pouvoirs publics. « Ainsi Archicad s’est associé avec Clima-Win pour lancer Clima-BIM, qui va permettre d’aller jusqu’au calcul Bbio de la RT 2012 », confie Arnaud Costa le Vaillant, responsable commercial chez Abvent Paris. Si les éditeurs leaders, comme Graitec, Tekla ou BBS Slama, sont moteurs dans les développement des IFC (le format ouvert des fichiers BIM), certains logiciels métiers ne sont pas passés au BIM ni même à la 3D. La situation sur le terrain demeure assez disparate, en particulier chez les artisans et petits installateurs sous-équipés en informatique. « Mais globalement les outils BIM sont disponibles, en revanche l’entreprise doit mettre en place une méthodologie, des procédures BIM et former des BIM managers pour piloter les projets, assure Jean-Yves Vetil, directeur de Trimble Solutions France (ex-Tekla). À noter que l’association Mediaconstruct a préparé un guide de convention BIM qui doit être diffusé sous peu ».

De la 3D lorsque c’est nécessaire

Le dessin 2D ne se prête pas à une description du bâtiment par objets, à une séparation par exemple du mur, de la menuiserie et des vitrages. La 3D est quasi inséparable du BIM, avec des exigences qui diffèrent suivant les métiers. Ainsi, les constructeurs métalliques, une profession qui comprend de nombreuses petites structures PME et TPE, font depuis longtemps de la modélisation 3D détaillée avec des composants génériques (boulons, poutres, etc.). Ils sont généralement capables d’exporter en IFC pour alimenter la synthèse et la maquette BIM. En revanche, du côté charpente bois, il n’est pas rare que le logiciel fonctionne sur une base 2D ou 2D1/2, sans interface IFC. Pour les lots fluides et réseaux, la 3D n’est pas toujours indispensable sauf aux endroits complexes comme les locaux techniques. On a cependant besoin de bibliothèques BIM de composants et d’équipements. Géométriquement, l’équipement peut être représenté par une simple boîte avec ses connecteurs (exemple un groupe froid) ou un point (capteurs et compteurs). Cela exige cependant de standardiser les catalogues fabricants hors modélisation, via des normes de type AFNOR PPBIM (sur base DTHX, dont datBIM a présenté un démonstrateur de plusieurs milliers d’objets).

La collaboration booste les services

Chez les éditeurs, la modélisation 3D est assez bien maîtrisée depuis deux décennies. Leurs efforts portent sur l’organisation de la collaboration entre les partenaires du projet, généralement avec un triptyque, serveur centralisé, boîte à plans et BIM manager. La compilation, la synthèse et la revue de projet de la maquette se font avec des outils spécialisés comme Navisworks (Autodesk), Tekla BIMsight ou Solibri (Nemetschek). Les échanges s’effectuent soit en format natif type Revit, soit en IFC complété par le format BCF (BIM Collaboration Format) pour les échanges d’annotations. Chez Autodesk, annonce Emmanuel di Giacomo, responsable Solutions BIM Architecture Avant-Vente : « nous proposons BIM 360, une large gamme de services cloud pour la collaboration comme BIM 360 Glue pour la collaboration sur le cloud, BIM 360 Field, pour la mobilité sur chantier et en exploitation, BIM 360 Plane pour la planification ou BIM 360 docs pour fédérer et gérer toutes les métadonnées des documents du projet ». Chez Trimble, l’innovation vient de Trimble Connect (ex-GTeam de Gehry Technologies) une plate-forme collaborative, sur le web, d’échanges de maquettes via IFC et de notes et de commentaires via BCF. Cette plate-forme intègre l’outil gratuit de synthèse TeklaBIMsight.

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