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Cancre oui. Mais cancre digital...

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Le numérique, je suis tombé dedans il y a près plus de trente-cinq ans lorsque mon frère m’a rapporté un Apple II tombé d’un camion… La Rolls après avoir roulé en Sinclair ZX81, Atari et autre Comodore. Depuis, j’ai suivi toutes les évolutions de la pomme à Windows, et je nourris encore près d’une dizaine de bébêtes digitales à la maison. Tout cela pour dire ma bienveillance vis-à-vis de ce monde numérique qui m’entoure et dont je tire ma subsistance grâce, entre autres, à Cad Magazine.

 

Pourtant, comment soutenir ce énième plan numérique concocté par notre Ministre de L’Education nationale pour « accélérer la transition numérique dans les écoles et les collèges ». Près de 500 établissements expérimentent en effet « les nouvelles formes d'enseignements passant par les outils numériques », avant déploiement général à la rentrée 2016. Un plan qui s’inscrit dans une volonté de numérisation globale de l’école avec un budget d’un milliard d’euros étalé sur trois ans. La formule magique pour remonter le niveau scolaire qui s’écroule année après année, réforme après réforme ?

 

Pendant ce temps-là, le rapport Pisa de l’OCDE sur 2012 révèle que 99% des élèves de 15 ans ont au moins un ordinateur à la maison, et que 96% des plus défavorisés ont accès à internet chez eux. Bref, que la fracture numérique n’existe pas !

Ce même rapport constate que « les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TIC pour l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. » A l’inverse, ce sont les écoles de Shanghai, du Japon ou de Corée qui intègrent le moins ces mêmes technologies qui enregistrent les meilleurs résultats. Et, d’une manière générale, les pays les plus performants sont également ceux où le temps passé sur internet à l’école est le plus faible !

 

Utiliser un ordi, est aujourd’hui plus facile que lacer ses chaussures. Les géants du soft dépensent des milliards de dollars pour que le consommateur se débouille sans mode d’emploi. Et la majorité des élèves en remontrerait largement à leurs enseignants sur le sujet. Ce n’est pas en leur distribuant des tablettes à tous qu’ils acquerront plus facilement les fondamentaux du savoir scolaire. D’ailleurs, les cadres dirigeants des entreprises high-tech de la Silicon Valley comme Google, Microsoft, ou Yahoo l’ont bien compris. Ils payent des fortunes pour mettre leur progéniture à la Waldorf School qui bannit tout écran numérique et cela jusqu’au lycée…

 

L’informatique serait-il comme l’apprentissage de la sexualité ? Pour qu’elle soit épanouie, n’est-il pas préférable de ménager une période d’ignorance, celle de l’enfance ?

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