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JE TAXE, TU TAXES, IL TAXE...

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Taxons les robots pour fi nancer le revenu universel ! C’est la solution proposée par l’un des candidats à la primaire socialiste pour faire face au chômage résultant de la robotisation généralisée. Rien de nouveau ni du côté du problème, ni du côté de la solution. Et c’est peut-être là qu’est le véritable problème…

La robotisation, cela fait plus de 20 ans qu’elle s’est imposée dans l’industrie, automobile notamment. Et si l’on remonte le temps, que dire de l’apparition en 1800 des machines à coudre mécanisées qui poussèrent nombre d’ouvrières hors des usines. Bref, si comme le prédit le World Economic Forum (organisateur du forum de Davos) la révolution 4.0 menace 5 millions d’emplois en cinq ans dans les principales économies mondiales, le phénomène n’est pas nouveau. Il s’accélère tout au plus.

Taxer pour en limiter les conséquences ? C’est la solution souffl ée à Benoit Hamon par un récent rapport de la commission européenne qui, soyons honnêtes, comporte également de bonnes idées notamment pour combler le vide juridique entourant la robotique et l’intelligence artifi cielle. C’est aussi un vieux réfl exe technocratique, largement partagé et parfois folklorique. On citera par exemple une taxe sur les feux de cheminée au XVIIe siècle en Angleterre, une taxe sur les travailleurs nus dans l’Utah, une taxe plus récente sur… les pets de vache en Estonie, et même une taxe sur la beauté proposée au Japon pour relancer le mariage en rendant les moches plus séduisants car plus riches !

Taxer les entreprises françaises qui robotisent me semble une idée ni nouvelle, ni pertinente. Sans modernisation de l’appareil productif, ces entreprises perdront à coup sûr leurs emplois, faute de compétitivité face à leurs concurrents. Et celles qui n’auront pas le choix délocaliseront leurs robots !

Le progrès technique tue, peut-être, plus d’emplois qu’il n’en crée, les études sont contradictoires sur cette analyse. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution au problème. Il est cependant inquiétant qu’il suscite autant de méfi ance et de rejet d’une partie de la population. Et aussi peu d’imagination de la part de nos dirigeants payés pour évaluer, prévoir et accompagner ce mouvement inexorable.

Un mal purement français d’après une étude du groupe Infosys. Celle-ci constate que les jeunes travailleurs se montrent positifs quant à la quatrième révolution industrielle, à l’exception des Français qui pensent à 76 % que leurs perspectives d’emploi “ sont pires que celles de la génération de leurs parents ” ...

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