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Le design est l’un des aspects de l’ingénierie

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Julbo est un fabricant de lunettes de sport bien connu des pratiquants de la montagne. L’entreprise maîtrise sa production de a à z et a choisi une solution de cao très orientée ingénierie pour concevoir tous ses produits y compris leur style.

Tous les sportifs qui utilisent des lunettes de soleil, souvent adaptées à leur vue, souhaitent le meilleur en termes de protection, angle de vision, tenue, ventilation, grip, en plus du style bien entendu. « Les pratiques sportives évoluent extrêmement vite, les modes aussi. Les équipements sont de plus en plus spécialisés : nous avons élargi notre gamme de lunettes de soleil à de nouveaux sports comme le trail running, le freeride ou le ski cross, toujours avec le même souci de qualité », souligne Christophe Beaud, PDG de Julbo. « Les sportifs, professionnels ou amateurs, veulent des équipements à la fois confortables, légers, résistants et esthétiques. Nos outils de conception doivent nous permettre de répondre à cette double exigence de technicité et de style. »

Pour maîtriser cette double contrainte, l’entreprise française a fait le choix d’intégrer complètement le cycle industriel. Le design, la conception, les moules, la fabrication des verres à la vue, le marketing, la stratégie commerciale sont centralisés dans ses locaux du Jura. La société exporte aujourd’hui près de la moitié de sa production dans plus de 80 pays. « Chaque année nous devons renouveler entre 15 et 20 produits de notre gamme de lunettes et de masques de sport » explique Flavien Saniard, l’un des deux designers intégrés de la marque.

LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS

Pour que chaque masque ou lunette soit réussi, il faut un travail précis des surfaces pour arriver à une harmonie globale. « Et sur une monture, il n’y a que deux références géométriques rajoute Flavien Saniard : la sphéricité du verre et l’axe des tenons (les charnières de branches). Tout le reste, ce sont des surfaces gauches avec donc des contraintes de style importantes. Il faut en effet que les lunettes soient belles quel que soit l’angle sous lequel on les regarde. Chaque détail compte. La 3D ou une maquette physique est obligatoire pour valider complètement le produit. » Il faut imaginer les nouveaux modèles, mais également concevoir les moules nécessaires à leur production. « Pour des modèles complexes, il faut parfois une dizaine de moules pour injecter les éléments en plastique. » C’est pourquoi, les designers chez Julbo sont aussi des ingénieurs méthodes.

ENTRE LE STYLE ET LA CONCEPTION MÉCANIQUE

L’entreprise a récemment renouvelé son logiciel de CAO, en l’occurrence Powershape d’Autodesk. A l’issue d’un benchmark de plusieurs mois de solution de CFAO, le choix s’est porté sur NX de Siemens PLM Software. Flavien Saniard, en charge de la création des collections Julbo, a orchestré le processus d’évaluation des logiciels et de sélection de NX. « Nous recherchions un logiciel qui offre la liberté de concevoir tout en prenant en compte les nombreuses contraintes techniques de conception et de fabrication liées à la technicité de nos produits » explique-t-il. « NX réunit les deux : c’est un logiciel souple et performant à la croisée des chemins entre le style et la conception mécanique ».

D’un point de vue technique, l’équipe de Julbo met en avant les points forts suivants du logiciel : la qualité des outils surfaciques 3D, la technologie Synchrone et la modélisation convergente. Les concepteurs apprécient tout particulièrement les fonctionnalités avancées de création, de manipulation et d’analyse de surfaces : jointures, tangences, rayons de courbures, points saillants, lignes de réflexion en temps réel, analyse de dépouilles pour garantir la démoulabilité, etc.

Pour produire des images et des animations réalistes, Julbo utilise d’autres outils comme Keyshot et SolidWorks Visualize (connu auparavant sous le nom de Bunkspeed). Flavien Saniard : « on part très vite en modélisation 3D, en réutilisant des préformes standardisées. Cela nous permet de produire à différentes étapes des rendus permettant de juger la qualité de nos idées. De manière systématique, nous commandons également des impressions 3D lorsque le projet est abouti à plus de 50 %. Souvent plusieurs prototypes sont créés en parallèle pour évaluer des alternatives. »

L’IMPORTANCE DE LA CONTINUITÉ NUMÉRIQUE

Le bilan ? Très positif selon Julbo, après huit mois d’utilisation du logiciel de l’éditeur allemand. « Nous avons adopté facilement le logiciel et déjà enregistré des gains tangibles de qualité et de productivité à tous les niveaux : bureau de design, bureau d’études, et production » souligne Flavien Saniard. Auparavant, les ingénieurs du bureau d’études passaient beaucoup de temps à retravailler les modèles CAO qui n’étaient pas utilisables en l’état pour la FAO. Aujourd’hui, avec l’utilisation de NX, les parcours outils passent à 90 % contre 70 % avant : NX permet de bénéficier d’un processus numérique sans rupture, de la conception à la fabrication. Pour l’atelier de fabrication, la qualité des modèles s’est traduite par une réduction très nette de la casse des outils, estimée à 70 %.

Dans un futur proche, Julbo envisage d’élargir l’utilisation des modèles 3D à d’autres utilisateurs comme les chefs de produit ou le service marketing, pour éviter les allers-retours entre les différents services et gagner en qualité d’exécution.

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