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Y a pas marqué La Poste, là ? Bah, si !

Il y a quelques semaines, une société américaine a proposé d'augmenter de 15% le salaire des employés qui acceptaient de se faire tatouer le logo de la firme. Précisons que l'idée venait d'un salarié de l'entreprise, qui était déjà passé à l'acte, lui, sans aucune sollicitation de son patron. La proposition a plu à 40 employés, c'est-à-dire à 5% de l'effectif, qui ont choisi en tout liberté la localisation et la taille du tatouage.

Réactions forte des médias qui ont largement répercuté l'information et gros coup de buzz pour cette entreprise de gérance immobilière. Indignation massive sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des internautes : "Esclavagisme moderne", " marque de la bête", "décadence", "Et l'honneur ?" "vendus au capitalisme", "sales p*tes", "Et pis Koi encor ?"… Réactions assez semblables de mon entourage, mis à part une faible frange qui accepterait aussi ce deal : le tatoo ou ta bourse ! Moi-même, j'ai trouvé l'idée plutôt choquante, au début. Après, j'ai perdu mon âme sans doute…

Ces réactions ne sont-elles pas cependant le fruit d'un réflexe conditionné et d'une part d'hypocrisie ? Le premier issu de notre imaginaire du tatouage associé aux bad-boys de notre époque, du marin aux Hells Angels, en passant par les punks et ex-taulards, et à l’infâme immatriculation tatouée sur le bras des déportés de l'holocauste. Et finalement à ce sentiment sacré de l'inviolabilité du corps. Un sentiment de moins en moins partagé en l’occurrence : en 2010, une personne sur 5 est tatouée dans la tranche des 25 à 34 ans !

Quand à la part d'hypocrisie, elle me semble évidente. Pour s'en convaincre on peut observer les chiffres d'audience des émissions de télé-réalité où des candidats se livrent, pour la plupart gratuitement, à des actes, à mon avis, largement plus débiles. Par ailleurs, posez la même question en doublant la prime et vous verrez une bonne partie des indignés précédents tourner casaque. Enfin, est-il véritablement plus sot de se faire payer pour inscrire dans sa chair le logo de l'entreprise pour laquelle on consacre une bonne partie de sa vie, que de payer pour le tatouage d'une mièvre colombe, d'une fée qu'à pas inventé l'eau chaude, ou d'une liane qui ne connaitra jamais tarzan ?

Enfin, si l'on s'accoude au comptoir d'un psy, le patron vous dira que le tatouage est ancestral et traduit souvent l'angoisse principale de l'homme, à savoir sa disparition  et donc, son obsession à laisser des traces, y compris sur son propre corps. Finalement ce patron, est comme tous les patrons, il veux laisser une empreinte durable de son œuvre. Sauf que lui, le malin, il préfère marcher sur les autres…

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