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LE BRUIT ET L’ODEUR…

Les Présidents de la République française ont toujours préféré l’odeur du fumier aux bruits de l’usine.

Plus de 12h30 au salon de l’Agriculture pour Emmanuel Macron il y a quelques jours. Il pulvérise ainsi le record précédemment détenu par François Hollande. En 2013, le président socialiste avait passé 10 heures auprès des agriculteurs. Eh oui, même Jacques Chirac est loin derrière. Pourtant, ce n’était pas le dernier à serrer des mains calleuses, goûter aux merveilles du terroir et caresser des croupes.

En revanche, on les compte sur les doigts d’une main de menuisier les visites par nos chefs d’Etat d’un salon comme Global Industrie qui ouvrira ses portes dans quelques semaines. Les plus courageux viennent faire un rapide discours : « Je vous ai compris ». Dans le meilleur des cas, Ils dépêchent leur Ministre de l’Industrie pour faire le tour de quelques stands sélectionnés pour leur technologie. Mais on le sent, le coeur n’y est pas. Les petits fours ? Trop guindés. Les mignardises ? Trop sucrées. Le champagne ? Trop rosé. Rien ne remplace les rondelles de saucisson, le brie coulant, et le beaujolais rocailleux…

Certains rétorqueront, que l’agriculture est un secteur essentiel à la vie de tous nos concitoyens. Qu’on se nourrit davantage de blé et de lait que de robots et d’automobiles. Que le salon de l’Agriculture est le plus grand rassemblement du monde agricole en France, qu’il touche au coeur des Français. Soit.

On rappellera tout de même quelques chiffres. En France l’industrie manufacturière c’est 2,7 millions de salariés (hors intérim), 870 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et 10 % du PIB. Si l’on compare avec l’agriculture, le match est plié : 450 000 agriculteurs, 73 milliards d’euros de revenus et 6,7 % du PIB.

Alors pourquoi ce désamour ? Cela n’engage que moi, mais je crois qu’il tient à l’inconscient de nos élites dirigeantes. L’image qu’ils ont de l’industrie est quasi marxisante. Pour eux, l’industrie c’est : des grèves, l’exploitation des ouvriers par des patrons réactionnaires, les Temps Modernes de Chaplin, de l’huile, du cambouis et de la pollution en sus…

J’exagère ? Peut-être, mais je n’en suis même pas certain. Combien de nos dirigeants ont passé ne serait-ce qu’une partie de leur carrière dans une entreprise manufacturière ? Combien ont un fils ou une fille qu’ils poussent avec fierté vers un métier technique ?

Le Ministre de l’Industrie aujourd’hui ? Il n’y en a pas, c’est un secrétaire d’Etat…

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