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LE DOUTE ET LA PEUR PEUVENT ÊTRE MOTEUR

Les mensonges, approximations et errements gouvernementaux face à la crise sanitaire ont semé le doute dans une bonne part de la population française. Si les plus “sceptiques” sont prêts à croire n’importe quelle théorie complotiste, les plus réservés doutent désormais de la compétence de l’exécutif à diriger notre pays. De la même manière, les divergences frontales du corps médical sur les solutions et traitements capables d’endiguer cette maladie viennent ajouter à la confusion.

Les attentats islamistes et la pandémie qui secouent le pays ont installé la peur, ou à tout le moins, une ambiance délétère. La distanciation physique nécessaire pour éviter la contamination galopante se double désormais d’une peur de son prochain jugé potentiellement dangereux. Dans les interviews de riverains des zones touchées par les récentes attaques terroristes, ce qui ressort souvent c’est “cela peut arriver n’importe où et à tout le monde…”

Le doute et la peur sont deux émotions connotées négativement. Sans faire de la psychologie de comptoir, il est aussi possible d’y trouver du positif. Le doute est à la base du raisonnement, de la science et donc de l’accès à la connaissance. Et si la peur n’est pas bonne conseillère dit-on, elle peut aussi préserver du danger, vous fournir l’adrénaline indispensable à la fuite, à la survie. Ces deux sentiments peuvent ainsi être à l’origine de grandes initiatives. Le département de psychologie de l’Université Concordia a par exemple montré qu’elles pouvaient être moteurs pour des femmes ayant survécu à un cancer du sein afin de changer leurs habitudes de vie et par exemple reprendre une activité physique bénéfique pour leur santé.

Douter, c’est se donner la possibilité de voir les choses différemment, de se remettre en question. Avoir peur c’est une chance de devenir courageux. Le courageux n’est pas celui qui n’a peur de rien, mais celui qui surmonte sa peur.

La tempête que notre pays traverse nous permet individuellement et collectivement de prendre conscience de notre fragilité. Ce n’est qu’une fois le symptôme posé clairement que l’on peut définir des objectifs de progrès et mettre en place un traitement curatif. La catastrophe économique qui guette notre pays à la sortie de ce nouveau confinement remet en cause les certitudes sur le bien-fondé des échanges commerciaux dérégulés, sur la quasi-absence de politique nationale de sauvegarde de l’industrie, ou encore sur la faiblesse de l’Union Européenne face à ces crises qui se coagulent.

Désormais, nous savons. Il ne reste plus qu’à changer…

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